Le Parcours

Le trajet est commenté à bord du train dans le sens Ciney-Yvoir

La gare de départ de la ligne est établie à Ciney. L'origine du rail dans la capitale du Condroz remonte au 1er mai 1858, date à laquelle la jonction avec Namur est réalisée. 20 ans plus tard, le 1er février 1877, la gare de Ciney accroît son importance avec l'inauguration de la ligne 126 en direction de Statte. Sur la droite (par rapport au sens de marche), vous pouvez observer l'embranchement de cette ligne qui a été fermée à tout trafic voyageurs en 1962. Une activité "marchandises" subsiste encore sur la section Statte-Marchin utilisée pour la desserte des établissements métallurgiques Delhoye-Mathieu. Au premier plan, les établissements Ronveaux, spécialisés dans le béton précontraint ; c'est notamment dans cette entreprise que sont construits la plupart des tabliers en béton constituant les ponts et viaducs pour les lignes TGV belges.

Un peu plus loin, sur la gauche, on remarquera entre les buissons la présence de la sous-station de traction de Ciney qui, depuis 1956, alimente en énergie une partie de la ligne Namur-Luxembourg.  Pour rappel, le courant utilisé par la SNCB est le courant continu à la tension de 3000 Volts.

A hauteur du hameau de Halloy, à gauche l'ancien point d'arrêt était desservi par les omnibus de la ligne du Bocq qui s'arrêtaient au pied de la chapelle. A l'origine, la Chapelle de Halloy se trouvait à l'emplacement de la voie sur laquelle nous roulons.  Elle a été démolie en 1895 contre indemnité versée à la commune de Braibant pour permettre le passage de la ligne du Bocq.

Halloy est aussi réputé pour son château visible sur la droite, qui fut une des 12 résidences des Princes-Evêques de Liège et cela dès le XIe siècle. Actuellement, c'est une construction en moellon calcaire formée d'un corps de logis et de 2 ailes perpendiculaires.  A gauche, on trouve une dépendance, à droite, une ferme.  Le plus illustre des propriétaires du château fut sans aucun doute Jean Baptiste Julien d'Omalius de Halloy, qui vécut de 1783 à 1875.

La gare suivante est celle de Braibant ; sur la gauche, l'ancienne cour à marchandises permettait le chargement de lin et de betteraves.  Le bâtiment date du début du siècle et a été revendu à un particulier en 1967.  Depuis 1984, date de la mise en oeuvre du premier plan IC-IR de la SNCB, les trains ne font plus arrêt dans cette gare: ce sont des bus qui acheminent maintenant les habitants du village, principalement en direction de Ciney.

Après la station et la manœuvre des barrières du passage à niveau, la ligne abandonne son parallélisme avec la ligne 162 pour se diriger vers l'ouest en direction de Spontin et la vallée de la Meuse. 

Après la traversée d'un bosquet, sur la droite, vous pouvez observer le hameau de Gemenne et le village de Natoye (château d'eau) rattaché à la commune de Hamois-en-Condroz ; à gauche, le village de Braibant.

La ligne va maintenant quitter le plateau du Condroz pour s'enfoncer dans la vallée du Bocq, affluent de la Meuse à Yvoir.  La rampe est de 16 mm/mètre, soit 1,6% d'inclinaison, ce qui était un maximum pour les locomotives existantes lors de la construction de la ligne au début du siècle dernier.

Pour rattraper une forte dénivellation, une tranchée fut creusée dans la roche pour permettre l'établissement du chemin de fer.  Les parois de cette tranchée sont hautes de près de 20 mètres à certains endroits.  Les jeunes géologues viennent souvent à cet endroit pour y faire des prélèvements de roche; il faut savoir que la tranchée est creusée à l'intersection de deux zones géologiques différentes (assise de Dinant V1 (Viséen, Carbonifère primaire) et Assise de Waulsort T2 (Tournaisien, Carbonifère primaire)).  La gare de Sovet est établie au fond de cette tranchée. Le bâtiment est construit en pierre du pays, comme d'ailleurs toutes les gares de la ligne. Ce point d'arrêt se trouve en fait près du hameau de Reuleau, à environ 3 kilomètres du village de Sovet, dont il porte le nom.

Plus bas sur la droite, vous pouvez apercevoir un des 3 points de captage d'eau dans le Bocq (galeries creusée à flanc de coteau), exploité par la Compagnie Intercommunale Bruxelloise des Eaux; il est situé à la source dite « du Pavillon ». Les deux autres points de captage sont situés d'une part à Reuleau et d'autre part à la source Sainte-Catherine que vous pourrez apercevoir d'ici quelques minutes. En moyenne, 20 000 m3/jour sont prélevés; ils servent à alimenter la ville de Bruxelles.  30 personnes sont employées par la CIBE à Spontin et environs.

Après le passage du point d'arrêt de Senenne, la voie franchit le viaduc en pierres de taille, à 3 arches, qui permet de découvrir le hameau de Senenne, rattaché administrativement à la ville de Ciney, ainsi que le viaduc de l'autoroute E411.

A l'approche du village de Spontin, à gauche, vous pouvez observer le point de captage CIBE de Sainte Catherine.  Ici le Bocq est canalisé pour éviter la dispersion des eaux de ruissellement vers les points de captages souterrains.

La gare de Spontin, qui était une gare de croisement, a d’abord été rachetée par les « Bétons Gautot » puis par la commune d'Yvoir, qui l’a restauré et transformée en salle de fête polyvalente. L’ASBL « Patrimoine de Spontin » a la charge de sa gestion. Les jours de circulation du train historique, le bar est ouvert et un espace est dédié à la boutique PFT.

Mais notre train continue jusqu'à Dorinne-Durnal.  La ligne de chemin du Bocq s'engouffre sous une colline par un tunnel d'une longueur de 501 m.  Il est un des 5 tunnels de la ligne, le plus connu étant celui de Yvoir qui a abrité le train d'Hitler en octobre 1940 (ce dernier se rendait à Montoir pour rencontrer Pétain), et du 5 au 6 juillet 1940 durant la campagne de France, celui de Goering.

Après le tunnel, nous arrivons au point d'arrêt de Spontin-Sources.  Ce point d'arrêt desservait la carrière de la Rochette, sur la gauche, qui alimentait la SNCB en ballast jusqu'en 1983.  Il desservait également la Société des Eaux de Spontin.  Elle appartient maintenant au groupe Spadel et fabrique des sirops fins, des eaux minérales et des limonades; elle assure également du travail à façon pour les grandes surfaces et du soufflage de bouteilles en polyéthylène.  54 personnes sont employées, 30 millions de litres y sont traités annuellement.

Après avoir traversé le passage à niveau de la route nationale, la ligne serpente dans les bois, franchit le fossé des Livottes qui reçoit les eaux de pluie de la plaine Gochelaine à Durnal, et arrive à hauteur des anciens fours à chaux de la carrière.

Les fours à chaux fonctionnaient suivant le même principe que les hauts fourneaux en sidérurgie.  De grands entonnoirs en pierre recevaient des fagots de bois auxquels on boutait le feu. Dans ces gigantesques brasiers étaient déversés les déchets de pierre calcaire extraits de la carrière. La chaux liquide était récoltée par des ouvertures au bas des entonnoirs et écoulées dans de petits wagonnets. La chaux était alors expédiée par chemin de fer vers les clients dispersés dans toute la Belgique.

Le parcours se termine à l'arrivée de la gare de Purnode, terminus actuel de la ligne du Bocq.
Le temps pour le machiniste de changer de poste de conduite et l'autorail reviendra sur ses pas jusqu'à Ciney.